Hélène Roberge

Pour une démocratie scolaire plus forte

Pour une démocratie scolaire plus forte

On mai 28, 2017, Posted by , In Général, With Commentaires fermés sur Pour une démocratie scolaire plus forte

La démocratie scolaire ne concerne pas seulement les élections scolaires. Elle accorde une voix autant aux usagers (parents et élèves adultes) qu’aux citoyens (élus scolaires). Cette démocratie commence donc à l’école, près des élèves, dans les conseils d’établissements. Toutefois, les parents sont en général peu nombreux à voter lors des assemblées générales de l’école de leurs enfants pour nommer leurs représentants au conseil d’établissement. Cela ne signifie pas pour autant que les parents se désintéressent de l’éducation, ni que les conseils d’établissements doivent être abolis.

Cette faible participation se traduit également au niveau des élections scolaires et c’est pourtant ce que certains ont montré du doigt pour justifier l’abolition des élections scolaires. Ce n’est pas d’hier qu’on entend des discours d’abolition des commissions scolaires et des élections scolaires. Lorsque j’ai posé ma candidature au poste de commissaire dans mon secteur pour la première fois en 1998, c’était déjà dans l’air.

Le projet de loi 86, déposé par le ministre François Blais en décembre 2015 et retiré par la suite, annonçait carrément la disparition des élus scolaires. Le travail acharné des présidents et présidentes des commissions scolaires à travers la province et celui de la présidente de la FCSQ ont influencé ce revirement. Nous devons aussi reconnaître et saluer la grande influence qu’ont eue les représentations des régions et de la communauté anglophone dans ce revirement.

Le projet de loi 105 qui a été adopté par la suite maintient les élections scolaires. Bien que ce soit une bonne nouvelle, à mon avis il ne faut pas crier victoire trop rapidement, car il s’agit d’un sursis. Il faut maintenant s’activer pour faire en sorte que la population réalise l’importance du rôle des élus scolaires et que les prochaines élections scolaires attirent davantage d’électeurs.

Pour y arriver, nous devrons faire valoir davantage que l’éducation est un bien public et une priorité nationale. Tous  les membres de la société en sont responsables. Plus que jamais, nous devons nous unir et nous mobiliser afin que l’exercice de la démocratie scolaire soit pleinement reconnu. La gouvernance de notre réseau d’écoles publiques doit demeurer entre les mains de personnes élues par la population et complètement dédiées à l’éducation publique, et ce en collaboration avec les parents nommés par le comité de parents.

Au-delà du plan d’action pour la  valorisation des élus scolaires adopté par le conseil général de la FCSQ, c’est par nos actions et par nos résultats que les électeurs réaliseront que nous travaillons pour eux et pour les élèves et qu’ils nous redonneront leur confiance.  Et pour y arriver, nous devons collaborer davantage avec tous nos partenaires.

Il faut également viser une plus grande compétence des élus scolaires. La FCSQ doit offrir un programme de formation accessible permettant de développer leurs compétences. Les élus doivent être mieux outillés pour s’impliquer dans leur communauté, débattre des enjeux, prendre les meilleures décisions pour la réussite des élèves et la saine gestion des fonds publics ainsi qu’en rendre compte.

Les prochaines élections scolaires sont prévues en novembre 2018, soit seulement quelques semaines après les élections provinciales. Selon ce que nous avons appris, le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport envisagerait de les reporter. Mais peu importe la date de ces élections, il faudra absolument que des mesures soient mises en place pour favoriser l’exercice démocratique afin que nous n’assistions pas à une reprise des élections scolaires de novembre 2014. Je m’engage à mettre tout en œuvre pour influencer les instances concernées dans ce sens si je suis élue à la présidence de notre fédération.

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